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Communiqué n° 1326, lundi 9 janvier 2011
Sur une invitation pour un appel commun
Il est en effet inadmissible, gravement préjudiciable au bon fonctionnement du système démocratique et contraire à l'esprit comme à la lettre des institutions, qu'il soit fait barrage, par les partis en place, à toutes les candidatures extérieures à eux, fussent-elles parfaitement légitimes, sérieuses et de caractère rigoureusement politique. Voici le texte de cette invitation :
Appel
Les différents candidats à la présidence de la République qui n'appartiennent pas au cercle très étroit des partis politiques installés, lequel monopolise l'attention des médias comme les promesses de signature des élus, attirent l'attention sur la grave perversion des institutions et de la vie démocratique que constitue cette pré-désignation sans mandat de personne, aux mains des pouvoirs déjà en place et qui, par ce système, s'assurent de le rester.
La Cinquième République est née en réaction contre le dit “régime des partis”, il est désastreux que, parvenue à maturité, elle y soit de nouveau soumise de façon si manifeste. Une élection où les candidatures sont étouffées en amont n'est pas une élection démocratique libre et pareil scrutin ne vaut guère mieux que ceux dont sont délibérément faussés les résultats. Manipuler la liste des candidats n'est pas moins grave, en effet, que de manipuler la liste des votants ou le verdict des urnes.
Or les grands partis, en interdisant à leurs élus d'accorder leur parrainage aux autres candidats que leur représentant officiel, trahissent l'esprit des lois, désobéissent à la prohibition du mandat impératif, corrompent le libre jeu démocratique, s'arrogent une mainmise abusive sur la République.
Les mêmes qui prétendent déplorer la baisse constante de la participation des électeurs aux divers scrutins sont directement responsables de cet état de fait puisqu'ils font tout pour limiter l'offre politique à leurs propres propositions, à leurs propres personnes, à la défense exclusive de leurs valeurs ou de leurs intérêts tout en veillant à ce que certaines questions capitales pour l'avenir du peuple et de la nation ne soient pas posées. Et les médias sont étroitement associés à cette entreprise antidémocratique de présélection des hommes, des femmes et des idées en décidant arbitrairement de la qualité de grand, de moyen, de petit ou d'excentrique candidat des uns et des autres, en leur donnant la parole en conséquence, en fonction de ces caractères supposés dont le défaut est de créer, instituer, figer ce qu'ils prétendent constater seulement.
Il est bien entendu nécessaire qu'il existe un filtre pour éviter la prolifération des candidatures fantaisistes, publicitaires, indignes ou psychopathiques. Mais il est profondément anormal, et funeste pour l'État de droit, que des candidatures essentiellement politiques soient empêchées de se manifester par des usages pervertis et intéressés de la procédure constitutionnelle. Les élus qui ont le droit d'accorder leur parrainage doivent se souvenir qu'il n'équivaut en aucune façon à un soutien politique.
Le pouvoir dont ils disposent est personnel et discrétionnaire, il ne peut être soumis aux recommandations, aux instructions ou aux interdits d'un parti. Ils n'ont pas à en rendre compte devant leur propre majorité, devant leur conseil municipal ou même devant leurs électeurs, et les partis politiques quant à eux n'ont point pour fonction de gouverner les institutions ni d'infléchir, d'orienter ou de peser sur leur fonctionnement.
Les élus failliraient à leur mission s'ils se dispensaient de l'exercer par crainte de l'opinion de leurs mandants. Il est plus que jamais nécessaire, face aux crises auxquelles est confronté notre pays, que le débat ne soit pas cantonné aux figures, aux idées, aux constatations et aux recettes qui ont été les seules éprouvées à ce jour, avec le succès que l'on voit.
A propos du parti de l'In-nocence
Le parti de l'In-nocence a été fondé le 16 octobre 2002, à Paris, à l'issue d'une assemblé constitutive. Il a élu pour président l'écrivain Renaud Camus. Le nom "In-nocence" fait référence à un concept développé par R. Camus dans plusieurs de ses livres, en particulier "Du sens" (P.O.L, 2002), ouvrage qui sert de référence à nombre des positions et propositions du nouveau parti.
Définie selon l'étymologie comme une absence (idéale) de nuisance, l'in-nocence n'est pas un acquis mais, de même que l'éducation, un processus, un combat en soi et dans la société contre la nocence, que celle-ci se manifeste à l'égard des personnes ou qu'elle sévisse contre la nature ou le cadre de vie. Écologique par définition, le parti s'attache au nom de l'"In-nocence", à promouvoir et à défendre la sécurité et la tranquillité publiques, la propreté et l'intégrité du territoire urbain, suburbain et rural, le paysage dans sa beauté, la culture dans sa diversité et la langue dans sa complexité.
Le parti de l'In-nocence est constitué autour des valeurs de civisme, de civilité, de civilisation, d'urbanité, de respect de la parole et de fidélité à l'épaisseur stratifiée du sens. Attaché au caractère européen de l'Europe autant qu'au caractère français de la France, il est par exemple opposé à l'entrée de la Turquie dans la Communauté européenne, sans qu'il entre là la moindre hostilité à l'égard des Turcs et de leur pays. Un voisin désir de réinflux de sens au coeur des gestes et des phrases (et des diplômes) lui fait placer au centre de son programme l'Éducation, à ses yeux processus de tous les processus et principal instrument de l'in-nocence.
L’In-nocence est une vertu ; comme telle elle consiste à sans cesse s’évertuer. Elle est, par nature, politique. Son Parti propose une voie à ce jour inexplorée, au-delà des clivages traditionnels. Il est convaincu de l’urgence qu’il y a à la défricher.
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