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politique

Entretien exclusif avec Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères de la République de Côte d’Ivoire

Publié le 13/12/2010 à 13:01

Premier entretien que vient d’accorder Son Excellence Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères de la République de Côte d’Ivoire, à un média français

C’est le premier entretien que vient d’accorder Son Excellence Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères de la République de Côte d’Ivoire, à un média français après les récentes élections présidentielles en Côte d’Ivoire. Il dénonce l’ingérence des Nations Unies, pilotées par la France et les Etats-Unis, dans la gestion d’un Etat souverain. Cet entretien exclusif a été diffusé lundi 13 décembre sur la radio Kernews. Nous en publions ci-dessous le texte avec quelques modifications liées à la retranscription d’un entretien oral en langage écrit. Compte tenu du caractère sensible de cette affaire, nous insistons sur le fait que seul l'enregistrement sonore reflète précisément les propos et le ton de Son Excellence Alcide Djédjé. Ce diplomate de formation qui a fait ses études en France, à Sciences Po, a notamment été représentant permanent de la Cote d’Ivoire à l’ONU. Homme de confiance du président Laurent Gbagbo, il a été nommé ministre des Affaires étrangères.


L’entretien sonore est téléchargeable en MP3 sur le site de la radio Kernews (www.kernews.fr) pour les journalistes souhaitant reprendre un extrait sonore. Le script intégral est livré en format .doc avec ce communiqué de presse.

 

 


 

EXTRAITS DE L’ENTRETIEN


 

 «  Il s'agit d'une ingérence grave dans les affaires intérieures de la Côte d'Ivoire de la part de la France et des États-Unis. »

 

 

« Le président de la Commission électorale indépendante, Monsieur Youssouf Bakayoko, a été amené à l'Hôtel du Golf, le QG de campagne de Monsieur Ouattara, devant la presse étrangère, dont France 24, pour proclamer de faux résultats. Au vu de ces résultats, on constate que le taux de participation passe de 70% à 81% : nous avons donc constaté que plus de 630 000 voix on été rajouté après la fermeture des bureaux de vote. »

 

 

« On ne peut pas montrer de cette façon, faire comprendre que nos institutions sont inutiles, cinquante ans après notre indépendance, montrer que le Conseil Constitutionnel est inutile. Pourtant, toutes nos institutions sont calquées sur des institutions similaires en France et aux États-Unis. La validation par la Cour suprême des États-Unis de la première élection du président Bush participe à cette réalité. Personne d'autre, aucun autre Etat, n'a contesté la validation par la Cour suprême des États-Unis de l'élection de Monsieur Bush. »

 

 

« Nous restons sur notre position, nous sommes dans le droit, et nous ne pouvons pas accepter qu'un pays souverain membre des Nations Unies soit traité de la sorte par un fonctionnaire des États-Unis sur injonction de deux capitales, Paris et Washington. »

 

 

« Ce qui fait la différence, comme vous le dites, c'est le battage médiatique : c'est-à-dire, par médias interposés, faire croire que le président Gbagbo est isolé. Le « coup » a été fait, mais ils ne sont pas allés jusqu'au bout parce qu’ils s'attendaient à ce qu'à la proclamation des résultats provisoires, de façon illégale et rocambolesque, sur le terrain, la population sorte, dise que Laurent Gbagbo a perdu et demande son départ. Tout est resté calme parce que le président de la République a la Côte d'Ivoire pour lui et la Côte d'Ivoire avec lui. Il a l’armée, il a la police, il a la gendarmerie et la population de Côte d'Ivoire. C'est la réalité du terrain. Malgré les médias, il n'est pas facile de prendre un pays, sinon par la force. Tout ce qui leur reste à faire, c'est venir envahir la Côte d'Ivoire et installer Ouattara. Même après l'avoir fait, ils ne seront même pas sûrs que Monsieur Ouattara puisse gouverner. »

 

 

« En mars dernier, dans mon discours aux Nations Unies, j'étais ambassadeur à New York, moi-même et Monsieur Choi à l'époque avions demandé qu'il y ait réunification avant les élections. La France et les États-Unis nous ont dit non et nous ont demandé d'aller aux élections dans ces conditions. Je leur ai dit que pour eux les élections constituaient un dogme, alors que nous recherchons la paix et non pas des élections pour des élections. Aujourd'hui, nous avons le résultat : il y a eu élection et le pays est bloqué. C'est un échec pour la France et les États-Unis. Et la France et les États-Unis sont responsables de la situation actuelle en Côte d'Ivoire et du blocage actuel en Côte d'Ivoire. Ils n'ont pas la capacité de gérer correctement le monde. »

 

 

« À l'heure où je vous parle, l'ambassadeur des États-Unis cherche directement à rencontrer le directeur général de la télévision (RTI) et d'autres directeurs généraux. Il ne passe plus par les canaux traditionnels diplomatiques, c'est-à-dire les ministres concernés ou le ministre des Affaires étrangères. Il agit comme sur un territoire qui n'a pas de maître et nous sommes en pleine recolonisation, cinquante ans après l'indépendance. »

 


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Communiqué publié par Urrien Yannick
le 13/12/2010 à 13:01 sur 24presse.com
Urrien Yannick
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