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Déclaration de David DERROUET, Maire de Fleury-Mérogis

Publié le 10/08/2010 à 15:48

Réformes des prisons: où est la gauche?

Déclaration de David DERROUET, Maire ( PS ) de Fleury-Mérogis - Vice-président de l'Agglomération du Val d'Orge

 

 

 

 

 

 

Réformes des prisons: où est la gauche?

 

La réforme des prisons décidée par Michèle ALLIOT-MARIE a, étrangement, suscité bien peu de prises de positions de la gauche dans son ensemble. 

Comme Maire de la ville qui accueille le plus grand centre pénitencier d’Europe, je ne peux que déplorer l’absence de réactions face à ce qui constitue pour ma part l’apogée d’une politique assise sur la déshumanisation totale de la société. La répression et l’incarcération restent  les seules alternatives aux délits quand ces derniers sont reconnus.  Car contrairement à ce qui peut être lu dans la presse bien pensante, les actes d’incivilité continuent d’augmenter, notamment par une absence de prise en compte des dépôts de plaintes et mains courantes. Il s’ensuit une impunité totale pour nombre de délits mineurs.


Conséquence ? A force de répétitions et d’impunité, on passe de délits mineurs à des actes plus violents qui conduisent directement certains à l’incarcération. Quelles politiques de prévention et de punition adaptée pour remédier à la case prison? Aucune de prévue dans la réforme des prisons dont le seul leitmotiv est d’éviter la récidive. Dans ce contexte, jamais la France n’a connu autant de détenus et si peu de surveillants.


A Fleury ce sont ainsi 3500 détenus aux profils parfois totalement opposés que doivent encadrer les surveillants, dans des conditions particulièrement difficiles. Face à ce constat accablant, la réponse du Gouvernement est déconcertante…Les personnels sont remerciés pour leur travail, les détenus auront des cellules repeintes.

Puis vient la cerise sur le gâteau. Comme les hôpitaux psychiatriques sont fermés au profit de la psychiatrie dite ouverte qui ne dispose d’aucun moyens, les personnes atteintes de pathologies lourdes se verront attribuer des « cellules psychologiques ». En ces moments difficiles de ruptures sentimentales, gare à la dépression qui vous conduirait en prison, pour peu que vous ayez eu un acte malveillant sous le coup d’un choc émotionnel.

 

Côté fonctionnaire, rien de plus, rien de moins ! Comme en 2009, il faudra travailler plus pour gagner plus, si Bercy daigne vous offrir la traditionnelle prime de fin d’année et le paiement de vos heures supplémentaires que le Ministère s’apprêtait à reporter lors des fêtes de noël l’année dernière. Car on parle aussi peu de la condition réelle de vie des détenus que des conditions de travail des agents du centre pénitencier. Tout juste sortis d’école, arrachés le plus souvent à leur terre natale, les voilà jetés dans la prison la plus dure d’Europe. Aux revendications légitimes d’augmentation de salaires, de recrutements d’effectifs, de conditions de travail respectables, on répond par la matraque.

A l’univers carcéral violent, on renvoie une société violente envers celles et ceux qui mènent une des missions les plus difficiles de service public. Quelles causes aux suicides des surveillants ? Quelles réponses ? Rien dans la déclaration de Michèle ALLIOT-MARIE le 27 juillet dernier, faite dans une salle repeinte ou paradaient les ingénieurs de cette politique ambitieuse. En dehors de la réalité incontestable de la baisse de l’insécurité routière, notre pays s’apprête à sacrifier une nouvelle génération faute d’avoir le courage de lever les tabous. La Gauche doit réagir ! Elle ne doit pas avoir peur de reparler de prévention, ni de répression.


A chaque faute une punition adaptée. A chaque profil un suivi adapté. Ensemble, les forces de gauche doivent savoir dire STOP à l’incarcération de personnes malades dont la place ne se trouve pas en prison ! Elle doit réaffirmer sa volonté de revoir profondément les procédures pénales comme le renforcement des moyens des magistrats, croulant sous des piles de dossiers. Quel sens à une sanction venant après un délit commis il y a deux ans ? Aucun ! La loi, la République, le sentiment d’une justice égalitaire perdent un peu chaque jour de leur substance.

A vous, compagnons humanistes, le moment est venu de vous dire qu’il nous faut rouvrir ce débat ! Dire la vérité sur l’augmentation des faits de délinquance en France en y apportant des solutions. Il en va de notre crédibilité bien sur. Mais surtout de la foi des gens dans la capacité du politique à emmener notre pays vers un idéal commun de justice et d’égalité.  Innover, inventer, reprendre le flambeau….voilà l’appel que je vous lance.

Et voici les questions que je pose : Madame La Ministre, à quand un vrai débat sur votre réforme ?  A quand cette table ronde sur un plateau télé  à laquelle vous refusez de vous rendre ? A quand l’annonce des moyens financiers et humains mis à disposition pour la réforme des prisons ? C’est la hauteur de vos réponses qui nous dira si vous êtes une femme d’Etat…ou bien une garde des sceaux…

 

David DERROUET, Maire de Fleury-Mérogis - Vice-président de l'Agglomération du Val d'Orge

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Communiqué publié par ZIANI Dallila
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